Projet 2017/18 - BTS DE et DP - Cristallographie




Prévoir une visite du musée des minéraux au jardin des plantes à Paris

Le but de l’approfondissement : 

•      Découvrir les cristaux et leurs propriétés.
•      Construire les polygones et polyèdres leur servant de base.
•      Déterminer  leurs aires et volumes.
•      Réaliser une création dont la structure tournera autour des cristaux.
•      Mettre en scène les productions pour les Journée Portes Ouvertes du lycée Camille Claudel de VAUREAL.

La cristallographie géométrique


On rencontre dans la nature des formes géométriques complexes : ce sont les réseaux cristallins de certains minéraux. On retrouve dans les minéraux tous les solides géométriques connus. Souvent ils sont déformés ou  ne présentent que quelques faces du solide, mais il n’est pas rare de trouver ces cristaux bien formés.

Ils furent étudiés avec précision dès le 18è siècle par l'abbé René Just Haüt, minéralogiste français (1743-1822) considéré comme le "père" de la cristallographie,  puis par le physicien, astronome et minéralogiste Auguste Bravais (1811-1863). En 1915, William Laurence Bragg partage le prix Nobel de Physique, avec son père William Henry, pour ses recherches sur les structures cristallines et les premiers travaux sur la radiocristallographie.

  • ·         Constance des angles
C’est à la fin du XVIIIe siècle que débute l’étude géométrique des cristaux. Romé de l’Isle (1736-1790) confie à Arnould Carangeot (1742-1806) la tâche de mesurer l’angle dièdre (un angle entre deux plans) de différents cristaux. Celui-ci conçoit un goniomètre muni d’une alidade ou réglette mobile qui permet de mesurer précisément les angles dièdres.
Ces mesures permettent à Romé de l’Isle d’énoncer la première loi sur la structure des cristaux. Dans son traité de Cristallographie, ou description des formes propres à tous les corps du règne minéral, édité en 1772, il énonce la loi de la constance des angles : Les angles entre les faces naturelles des cristaux se conservent, pour un corps donné, d’un échantillon à l’autre. Cette loi est cependant insuffisante pour décrire les diverses formes cristallines.


Activité N°1 : Faire une recherche et construire un goniomètre simple


 
Goniomètre de poche et loupes utilisés par Louis Pasteur pour mesurer les angles des cristaux, modèles et cristaux de quartz, au début de ses travaux sur la cristallographie  1845.

Exemple de goniomètre http://bidouillesetmathscollege.blogspot.fr/2012/03/topographie-goniometre-simplifie.html
  • Loi de stratification multiple d'Haüy 1784 ou processus de croissance
René-Just Haüy (1743-1822), en examinant un échantillon de calcite, lâche malencontreusement le cristal qui se brise en plusieurs morceaux. Haüy constate que tous les morceaux conservent la même forme ; il vient de découvrir le phénomène de clivage des cristaux. Pour étudier plus en détail ce phénomène, il procède, dit-on, à la multiplication des cristaux de sa collection à coups de marteau.
Cette étude systématique lui permet de développer une théorie sur la structure des cristaux qu’il publie sept ans plus tard.  Sa conclusion est que la régularité des formes extérieures d’un cristal reflète exactement l’arrangement des éléments qui le constituent. Il appelle « molécules constituantes » les unités de volume de matière qui, empilées forment le cristal, et il démontre la loi de constance des angles observée par Romé de l’Isle. 
Il en vient à la conclusion que les cristaux naturels sont constitués par l’empilement régulier de plusieurs molécules constituantes qui s’emboîtent parfaitement pour constituer un solide homogène. Les molécules constituantes forment des couches parallèles qui sont des couches de croissance.



Le nombre de parallépipèdes formant chacune des couches est décroissant, les faces d’un cristal sont donc formées de minuscules gradins.

L’empilement successif lui permet d’expliquer un grand nombre de formes naturelles comme l’illustrent les étapes de croissance des deux dodécaèdres à droite.
 


 Maille et réseau cristallin
 

Maille : Tous les minéraux ont été classés selon la forme de leurs cristaux dans 7 systèmes cristallins.

Chacun de ses systèmes est défini par un polyèdre de base simple (molécule constituante ou maille élémentaire) : cube, prisme à base carré, prisme à base rectangulaire, prisme  à base hexagonale, prisme à base losange, parallélépipède incliné et parallélépipède incliné selon les rois dimensions. 
Chacun de ses solides présentent des axes et plans de symétries 
 



Réseau cristallin et maille              Modèles cristallographiques en différents 
                                                       matériaux: bois, papier, verre, fil de fer.


Réseaux de Bravais
      

Le réseau cristallin est engendré par la translation de cette maille dans toutes les directions de l'espace. Les dimensions de la maille seront les paramètres du réseau.

À partir des sept types de prismes susceptibles de remplir l’espace sans laisser de vide, Auguste Bravais* (1811-1863) a identifié 32 classes de symétrie.

Celles-ci sont réparties en 14 types de réseaux regroupés en 7 systèmes cristallins caractérisés par la forme de la maille élémentaire.

Pour étudier et décrire les systèmes cristallins, il est pratique de recourir à leurs axes de référence et à leurs symétries. Les axes de référence sont trois axes imaginaires parallèles aux faces du cristal.

La direction et la longueur de ces trois axes sont en relation avec trois arêtes concourantes d’une maille élémentaire.
 

Activité N°2 : Construction des mailles élémentaires :
 Création des patrons et réalisation des polyèdres constituant chacune des 7 mailles élémentaires en utilisant les descriptifs ci-dessus à droite.
 

Zoom sur un des systèmes : Le système cubique.

Quelques minéraux du système cubique, c’est-à-dire de forme cubique ou en dérivant.
Pyrite maclée : cube   
  galène : cube épointé      

Grenat : dodécaèdre
fluorine : octaèdre régulier        

  










Activité N°3 : Recherche d’axes et de plans de symétrie du cube
Pour cette activité, il faudra construire cinq cubes en carton ou canson  épais ou mieux en matériaux transparents pour rendre l’aspect des cristaux.
Décrire le cube, le représenter en perspective cavalière  puis trouver ses trois  axes de symétrie et ses deux  plans de symétrie.  Les matérialiser sur les 5 cubes construits au départ.



Activité N°4 : Constructions de polyèdres dans le cadre du système cubique, quelques cubes tronqués



Le “cube-octaèdre d’Archimède”


Imaginons un cube sur lequel on marque le milieu des arêtes, (par exemple, comme les trois points A, B et C du cube ci-contre). Ensuite, on découpe d’un trait de scie un morceau tétraédrique à chaque coin du cube, chaque trait de scie passant par trois milieux. Le solide obtenu après un tel découpage s’appelle le “cube-octaèdre d’Archimède”
 
·         Décrire le “cube-octaèdre d’Archimède” [sommets, arêtes et faces] et en réaliser un patron en partant d’un cube de 8 cm d’arête.
·         Déterminer l’aire et le volume d’un cube “cube-octaèdre d’Archimède” dont les arêtes ont pour longueur a.

Le “polyèdre de lord Kelvin”
 



Ce polyèdre peut s’obtenir comme le cube-octaèdre d’Archimède mais ici, on scie selon des sections passant par des points situés aux quarts des médiatrices des faces, comme A, B, C, D, E, F.



·         Décrire le “polyèdre de lord Kelvin” [sommets, arêtes et faces] et en réaliser un patron en partant d’un cube de 8 cm d’arête. Construire plusieurs solides.
·         En utilisant plusieurs “polyèdre de lord Kelvin”, trouver comment ces polyèdres “pavent” l’espace.

Activité N° 5 : Et enfin un autre système : rhomboèdre et nombre d’or


·  Construire un rhomboèdre dont les six faces sont des losanges identiques, selon la démarche suivante :
-Tracer un triangle TRI rectangle en T tel que TI = 2,3 cm et la tangente de l’angle RIT est égale à 2.
-Construire le losange MIRE tel que les points M, T, I soient alignés.
-Déterminer le rapport entre la longueur de la petite diagonale [RM] et celle de la grande [EI], vérifier que ce rapport est égal au nombre d’or.



Production personnelle



Créer un lieu de vie ou des objets composés à partir de cristaux et des études réalisées précédemment.

           Représentation en perspective 
           Patron du ou des polyèdres utilisés
           Vue d’ensemble en situation
           Création de l’objet ou maquette du lieu de vie

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